Le 10 octobre, la Cour d’assises de Nantes a condamné Laurent M. à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre avec préméditation d’une jeune prostituée transgenre dont il était le client depuis un an.

 

La famille de la victime était représentée par Maître Sirma Guner, associée du cabinet Pierrat & Associés.

 

 

REVUE DE PRESSE

 

ACTU.FR / PAYS DE LOIRE – 10 octobre 2019

 

 

Région de Guérande : un « vieux garçon » a tué et brûlé la prostituée dont il était

« très amoureux »

18 ans de réclusion criminelle ont été prononcés jeudi par la cour d’assises de la Loire-Atlantique à l’encontre d’un jardinier de 53 ans qui vivait près de Guérande.

Après quatre jours de procès, la cour d’assises de Nantes a condamné Laurent Mahé à 18 ans de réclusion criminelle, jeudi 10 octobre. Jardinier à la Ville de La Baule, il a tué Eliana Carguaitongo le 21 octobre 2016 à Saint-Molf, près de Guérande, avant de brûler son corps.

Ce « vieux garçon », de 49 ans à l’époque, entretenait des relations tarifées et régulières avec cette jeune prostituée transsexuelle de 33 ans. S’estimant « roulé » et ne supportant pas la fin de cette « histoire », il est entré dans une rage vengeresse, étranglant sa victime.

Les jurés ont retenu la préméditation mais n’ont pas validé pour autant les 30 ans de réclusion requis par l’avocat général.

Laurent Mahé, 53 ans, domicilié à Saint-Molf, près de Guérande, était jugé depuis lundi 7 octobre 2019 pour avoir « assassiné » trois ans plus tôt une prostituée dont il était « très amoureux ».

Nantes, les jurés de la cour d’assises de Loire-Atlantique ont ainsi sérieusement revu à la baisse la peine « étourdissante » requise par l’avocate générale : jeudi, en fin de matinée, elle avait demandé 30 ans de réclusion criminelle.

« Cette peine, au terme de réquisitions peu détaillées et argumentées, ne veut rien dire », avait fustigé l’un des deux avocats de l’accusé, Me Mathieu Créach, qui contestait le caractère « prémédité » du meurtre.

Frappée avec un manche de pioche puis étranglée

Le 20 octobre 2016, Eliana Carguaitongo, originaire d’Équateur, avait été frappée à l’aide d’un manche de pioche puis étranglée dans le lit de l’accusé, alors qu’elle était venue récupérer les derniers 500 € que Laurent Mahé lui devait avant de « couper les ponts » avec lui. Son corps avait ensuite été brûlé pendant deux jours, dans un champ, route de Boulay.

Née de sexe masculin, la victime avait en fait commencé à se prostituer en Amérique latine « pour payer les hormones » nécessaires à sa transformation en femme, a-t-il été dit au cours des quatre jours d’audience. Elle avait ensuite rejoint la France, son « rêve de toujours », tout en continuant à se prostituer « pour vivre ».

 

Jardinier à La Baule

Jardinier à La Baule, où il gagnait 1 300 € par mois, il payait précisément 1 000 € les 24 heures passées avec la prostituée équatorienne.

« Ces tarifs étaient arrêtés de façon établie, et vos relations étaient systématiquement tarifées », lui a toutefois objecté la présidente de la cour d’assises de la Loire-Atlantique :

Vous pensez, monsieur, que l’amour ça s’achète ?

« En juin, elle m’avait demandé de l’accompagner à un mariage en Espagne… Ça me surprenait un peu, mais bon », lui a-t-il répondu, pour laisser à penser qu’un doute était permis sur les sentiments de la victime. Un séjour en Équateur, où il l’avait accompagnée au cours de l’été, s’était toutefois « mal passé », de son propre aveu.

 

« Je ne voyais pas la porte de sortie »

Le soir de la fameuse « explication », l’accusé était donc venu chercher la jeune femme de 33 ans à la gare de La Baule, et lui avait proposé de dîner au restaurant. Mais il avait essuyé un refus, car elle était « fatiguée ».

« Je lui ai dit que j’étais toujours très amoureux d’elle, mais elle ne m’a pas répondu… Ça m’a fait mal », a-t-il confessé devant les jurés.

Cette « frustration » avait ensuite été aggravée par le fait que la victime avait « passé la soirée sur son téléphone », avant d’aller se coucher. Elle aurait néanmoins eu « une ou deux » relations sexuelles avec l’accusé, aux dires de ce dernier.

Laurent Mahé n’aurait pour autant pas cessé de « ruminer » au cours de la nuit, au point d’aller chercher le manche de pioche dans l’appentis qui jouxte sa maison de la rue de l’Océan, c’est-à-dire la route qui relie Assérac à La Turballe.

« Tout cet argent que j’avais dilapidé, il fallait que ça s’arrête… Je ne voyais pas de porte de sortie », a-t-il encore dit au procès.

 

« Je regrette vraiment mon geste »

« Je me suis fait avoir, c’est une salope », avait-il lâché plus crûment devant le psychiatre, au cours de l’enquête. Il s’est excusé jeudi devant la cour :

Ce ne sont pas mes mots habituels, je n’arrive pas à me l’expliquer moi-même.

« Je regrette d’avoir fait du mal à toute ma famille, mais aussi à celle d’Eliana », a-t-il ajouté, juste avant les plaidoiries des parties civiles. Je regrette vraiment mon geste, de lui avoir ôté la vie. »

L’avocate des parents et de la sœur d’Eliana Carguaitongo a rappelé que sa famille s’était « rapprochée de la mairie de Saint-Molf pour pouvoir déposer une plaque commémorative », là où son corps avait été brûlé.

« Mais ce n’est pas possible, car c’est un champ privé, a expliqué Me Sirma Guner, du barreau de Paris. Ils voudraient au moins une statuette dans un cimetière, car ils n’ont pas de lieu pour se recueillir… Avec ce crime impardonnable et pas humain, M. Mahé n’a pas seulement « ôté la vie » d’Eliana, il a aussi anéanti plusieurs familles ».

 

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OUEST FRANCE – 10 octobre 2019

 

Il aimait une prostituée et n’a pas supporté la fin de leurs relations. La cour d’assises de Nantes a retenu la préméditation et condamné cet homme de 53 ans à dix-huit ans de réclusion.

Après quatre jours de procès, la cour d’assises de Nantes a condamné Laurent Mahé à 18 ans de réclusion criminelle, jeudi 10 octobre. Jardinier à la Ville de La Baule, il a tué Eliana Carguaitongo le 21 octobre 2016 à Saint-Molf, près de Guérande, avant de brûler son corps.

Ce « vieux garçon », de 49 ans à l’époque, entrenait des relations tarifées et régulières avec cette jeune prostituée transsexuelle de 33 ans. S’estimant « roulé » et ne supportant pas la fin de cette « histoire », il est entré dans une rage vengeresse, étranglant sa victime.

 

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