Maurice Garçon (1889-1967), immense avocat et écrivain, membre de l’Académie française, connaît un légitime résurrection, depuis la publication des pages de son Journal consacrées à l’Occupation.

En immense ténor du barreau, il a plaidé de nombreuses affaires littéraires. Un recueil de ses plaidoiries Contre la censure est paru cet automne aux Belles Lettres. Y figure notamment la plaidoirie prononcée à l’encontre d’une héritière d’Eugène de Broise et d’Auguste Poulet-Malassis.

La maison d’édition de Baudelaire, Poulet-Malassis et De Broise, a vu le jour en 1855, deux ans avant la parution des Fleurs du mal, lorsque l’héritier d’une très ancienne lignée d’imprimeur s’associe à Eugène de Broise, son beau-frère, pour étendre les activités de l’imprimerie familiale à l’édition.

Au cours de ses sept années d’existence, l’entreprise se constitue un catalogue de trois cents livres où, à l’exception de Flaubert, apparaissent tous les noms des écrivains et poètes que la postérité a consacrés, soit en raison de leur génie soit par leur importance dans l’histoire littéraire. Théophile Gautier, Maxime Du Camp, Théodore de Banville, Charles Baudelaire, Jules Champfleury, Leconte de Lisle, Prosper Mérimée, Sainte-Beuve, Charles Asselineau (ami de Baudelaire et son premier biographe)… tous ont été édités aux armes du Caducée ou du petit poulet.

À la mort de Poulet-Malassis en 1878, Banville conclura : « Le premier libraire contemporain qui ait eu le respect des poètes et qui n’ait pas dit aux derniers fils de Villon : “Allez vous faire pendre ailleurs !” »

Et dans un goût voisin, le même consacre à son éditeur quelques vers de ses Odes funambulesques :

« C’est le libraire Poulet-Malassis

Dont rêve tout jeune poète

Pauvre et sur une malle assis »

Charles Asselineau n’est pas en reste, lorsqu’il dédie, en 1862, à son ami Banville un petit livre intitulé Le Paradis des gens de lettres et publié chez le fameux éditeur : « Vous souvient-il, mon cher ami, de la gracieuse année 1856 ? Il y eut cette année-là parmi nos amis comme un mouvement en avant qui présageait, sinon des victoires, au moins des combats. Nous avions enfin trouvé un éditeur selon notre cœur, un homme jeune (Poulet-Malassis était né en 1825), brave, libéral, épris du Beau, et très heureux de s’associer à notre fortune littéraire. »

Mais, encore en 1862, l’éditeur fait faillite. Ses choix éditoriaux et les orientations politiques qu’il donne à certaines de ses publications ne sont sans doute pas étrangères à la ruine. À partir de 1861, il publie les discours d’Émile Ollivier sur la liberté de la presse, secteur très fortement contrôlée par le pouvoir, une série de « Brochures ouvrières » bon marché qui militent pour le droit de grève, reviennent sur un certain nombre de revendications ouvrières, s’intéressent aux conditions de vie des employés, etc.

À la fin de l’année 1861, sort de ses presses L’Empereur Napoléon et le Roi Guillaume, qui lui vaut une amende de 500 francs. L’ouvrage est signé d’un certain François Lacombe, mais son probable auteur, Armand Lévy, est ainsi dépeint par Jean Maitron dans son Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français : il « rêve d’une sorte d’Empire plus ou moins socialiste dont la classe ouvrière aurait été la pièce maîtresse (…, d’une) démocratie quarante-huitarde, humanitaire et socialiste, tout à la fois croyante et ennemie de l’Église, remplie d’admiration pour l’esprit et les idées de la Grande Révolution, d’espoir et de foi en une nouvelle religion, celle de la République du Peuple. »

C’est peu dire que les engagements de Poulet-Malassis déplaisent au pouvoir. Celui-ci le lui fait savoir. Les autorités maintiennent une pression constante sur les activités de l’éditeur, qui, ayant pris part jadis, durant sa jeunesse estudiantine à l’École des chartes, et avec ferveur, aux événements insurrectionnels de 1848 – il a même été arrêté et brièvement emprisonné –, n’a visiblement rien perdu de ses passions révolutionnaires.

À l’automne 1862, il est donc déclaré en faillite. En novembre, il doit se constituer prisonnier. Il est d’abord incarcéré pour dette à la prison de Clichy, puis, au bout d’une dizaine de jours, est transféré à la prison des Madelonnettes, dans le quartier du Temple, où il est pratiquement mis au secret. À l’évidence, ses déboires ont des racines politiques. Il est soupçonné (à juste titre) de « gauchisme » et il en paye le prix : six mois d’emprisonnement à cause de négligence dans la tenue des livres de comptabilité !

Il rejoint Bruxelles au mois d’octobre 1863, où il n’est pas le seul à venir chercher refuge. Hugo, par exemple, en a fait autant en 1851, qui loua deux petites chambres face à l’Hôtel de ville. En débarquant quelque peu appauvri par ses déconvenues, et éprouvant des difficultés à se loger, Malassis remarque, dans une lettre à un ami : « Le bon peuple belge a été tellement carotté par les réfugiés français et autres qu’on ne trouverait pas un logement à Bruxelles qu’en payant d’avance, ni un papetier, ni un imprimeur, ni quoi que ce soit. »

La presse et l’édition y sont plus libres qu’en France, si bien que pamphlets contre l’Empire, œuvres érotiques ou obscènes, traités politiques dissidents y fleurissent avant de pénétrer clandestinement le territoire français. Poulet-Malassis s’engouffre dans la brèche bruxelloise. Le grand artiste Félicien Rops est chargé d’estampiller les ouvrages de sa patte très singulière. Les habitants du quartier où l’éditeur est établi s’inquiètent. Camille Lemonnier, auteur d’une biographie de Félicien Rops[2], en brosse un tableau presque baroque : « Le voisinage se défiait, suspectait quelque industrie clandestine, troublé aussi par les allées et venues de gens à l’aspect insolite, typos, acteurs, poètes, écrivains. La tête de Baudelaire[3], incisive, blême, glabre, d’une intensité d’œil effrayante, particulièrement était surveillée. Le soir, derrière les rideaux tirés, s’entendaient des voix comme des clameurs criminelles. Poulet-Malassis lui-même, mince, fluet, rousset, sarcastique, la barbe pointue, offrait une surface équivoque. Par surcroît, de la petite maison partaient des épreuves, des envois d’exemplaires, une vaste correspondance, qui faisaient l’objet des commentaires du quartier, un quartier de religieuses et de petits rentiers. D’un zèle infatigable, l’éditeur relisait, corrigeait, âpre aux coquilles, toujours mécontent, par goût du beau travail. Ce fut une littérature spéciale, salace et bénéfique, germée aux confins du Code et qui trouva sans peine une clientèle affriolée des curiosités de l’amour. Rops fut requis pour étiqueter de ses vignettes les produits du laboratoire : il y déploya la plus fertile, la plus plaisante et la plus artiste invention libertine qu’il se peut imaginer. Certes, la licence y fut vive, mais relevé d’un art si aimable et si parfait qu’il en résulta plutôt un simple attentat aux bienséances. »

Et en effet, la production belge de Poulet-Malassis fait rêver. Il n’est qu’à citer quelques titres. Ils sont éloquents : L’Art priapique (anonyme), Joyeusetés galantes et autres du Vidame Bonaventure de la Braguette (d’Albert Glatigny), et du même : Au vieux que j’ai fait cocu ; puis Serrefesse, de Louis Protat. Sans oublier les libertins du siècle précédent, parmi lesquels Andréa de Nerciat, Pidansat de Mairobert, Mirabeau. S’y ajoutent encore L’Escole des filles, attribué à Millot, ou Gamiani, dont la paternité revient à Musset…

Ces activités scabreuses à destination de la France valent à Poulet-Malassis d’être espionné à Bruxelles. Un rapport de police émanant du cabinet du préfet de Police et adressé à la direction générale de la Sûreté publique remarque : « Malgré les poursuites récemment exercées à Paris, ce commerce honteux se continue. C’est avec les libraires de province que traite surtout maintenant le sieur Poulet-Malassis et nous avons la preuve qu’il arrive aisément à faire parvenir aux destinataires les ouvrages qu’ils lui demandent. »

Durant son exil bruxellois, qui se prolonge jusqu’en 1869, date de son retour à Paris où il meurt un peu moins de dix ans plus tard, Baudelaire est l’une des principales relations de Poulet-Malassis. En dépit des anciennes infidélités du poète – alors que son éditeur séjourne en prison, il a cédé les droits des Fleurs du mal et du Spleen de Paris à Hetzel, alors qu’il a déjà recontracté avec Poulet-Malassis en 1861 et 1862 ! –, les deux hommes se sont réconciliés et se soutiennent mutuellement.

Baudelaire, en témoigne dans un courrier qu’il adresse à Sainte-Beuve le 30 mars 1865, un an avant son retour dramatique à Paris, alors qu’il a été hospitalisé en 1866 pour des troubles cérébraux à la suite d’une perte de connaissance en visitant l’église Saint-Loup de Namur, et sa mort de la syphilis en 1867 : « Nous ne broyons pas tant d’ennui que vous croyez, Poulet-Malassis et moi. Nous avons appris à nous passer de tout, dans un pays où il n’y a rien, et nous avons compris que certains plaisirs (ceux de la conversation, par exemple) augmentent à mesure que certains besoins diminuent.

À propos de Poulet-Malassis, je vous dirai que je suis émerveillé de son courage, de son activité et de son incorrigible gaîté. Il est arrivé à une érudition fort étonnante en fait de livres et de gravures. Tout l’amuse et tout l’instruit. – Un de nos grands amusements, c’est quand il s’applique à faire l’athée, et quand je m’ingénie à faire le jésuite. Vous savez que je peux devenir dévot par contradiction (surtout ici), de même que, pour me rendre impie, il suffirait de me mettre en contact avec un curé souillon (souillon de corps et d’âme). – Quant à la publication de quelques livres badins, qu’il s’est amusé à corriger avec la même religion qu’il aurait mise au service de Bossuet ou de Loyola, j’en ai même tiré un petit, petit bénéfice inattendu, c’est une intelligence plus nette de la Révolution française. Quand les gens s’amusent de certaine façon, c’est un bon diagnostic de révolution. »

Les deux amis sont alors, entre autres choses, occupés de lectures d’auteurs libertins du XVIIIe siècle, dont ils conjecturent que les sujets mis en scène dans leurs livres, « la dégradation morale de la noblesse », peuvent expliquer la Révolution. À partir de ces sortes d’hypothèses, ils échafaudent des théories subversives, fomentent les stratégies d’une nouvelle révolution…

Charles Baudelaire et son éditeur, surnommé par le premier « Coco Malperché » dans un billet rimé, se sont rencontrés bien avant la publication des Fleurs du mal, probablement vers 1847.

Leur amitié se scelle peut-être autour d’affinités communes pour la révolution de 1848. Entre 1854, date de Philosophie de l’ameublement, court texte d’Edgar Allan Poe consacré à la décoration, édité avec une faute au nom de Baudelaire, son traducteur, et 1872, où Poulet-Malassis contribue, cinq ans après la mort du poète, à un volume regroupant souvenirs et témoignages publié chez René Pincebourde, ce ne sont pas moins d’une dizaine de ses œuvres dans lesquelles le nom de l’éditeur est engagé.

Assurément, le plus beau « coup » de la carrière de Poulet-Malassis est d’avoir publié les Fleurs du mal. Il ne s’est cependant pas arrêté là. Les Épaves et le Complément aux Fleurs du mal, contenant les pièces condamnées en 1857, succèderont, durant l’exil bruxellois, au légendaire objet du délit. Il y a encore, en 1860, Les Paradis artificiels, une notice sur Théophile Gautier, une préface aux Martyrs ridicules, de Léon Cladel, romancier naturaliste prolifique…

C’est le 21 juin 1857 que les Fleurs du mal est mis en vente. La relative modestie du tirage (1 100 exemplaires) n’empêche pas le scandale. Le 4 juillet, Poulet-Malassis reçoit une lettre à en-tête de l’« Imprimerie et Librairie religieuse de Julien, Lanier, Cosnard et Cie » dans laquelle son correspondant le prévient de la saisie imminente de l’œuvre.

« Je reçois ce matin un billet du père Lanier qui nous prévient que la nature des livres publiés par nous lui interdit de mettre désormais son personnel à notre disposition pour la vente, annonce Poulet-Malassis à un ami. – Coup de théâtre ! mon beau-frère (et associé, de Broise) se trouve mal ! – Il est très probable que la vente aura été refusée avant cette décision à plusieurs libraires et c’est ce qui explique l’absence de dépôt dont Baudelaire se plaint. »

Une semaine plus tard, Baudelaire écrit à son éditeur : « Vite, cachez, mais cachez bien toute l’édition ; vous devez avoir 900 exemplaires en feuilles. – Il y en a encore 100 chez Lanier ; ces messieurs ont paru étonnés que je voulusse en sauver 50. Je les ai mis en lieu sûr, et j’ai signé un reçu. Restent donc 50 pour nourrir le Cerbère Justice. »

C’est que, entre-temps, les signes annonçant la tempête à venir se sont multipliés. D’abord par le biais de la chronique « Ceci et cela » de Gustave Bourdin, parue dans Le Figaro du 5 juillet. Le critique commence par tresser des lauriers au nouvel éditeur, puis le ton change… : « J’ai là deux volumes imprimés [Fleurs du mal et Lettres d’un mineur en Australie, d’Antoine Fauchery, et publiés par un nouveau venu qui semble prendre à tâche de prouver une fois de plus que tout métier est doublé d’un art. – Cet éditeur, c’est M. Poulet-Malassis. Il a su retrouver toutes les coquetteries de la vieille typographie : les titres et les initiales en rouge, le papier blanc et collé, le caractère net, l’encre noire et limpide. (…) (Baudelaire) n’avait encore publié qu’un compte rendu de Salon très vanté par les docteurs en esthétique, et une traduction d’Edgar Poe. Depuis trois fois cinq ans, on attendait donc ce volume de poésie (…).

J’ai lu le volume, je n’ai pas de jugement à prononcer, pas d’arrêt à rendre ; mais voici mon opinion que je n’ai la prétention d’imposer à personne.

On ne vit jamais gâter si follement d’aussi brillantes qualités. Il y a des moments où l’on doute de l’état mental de M. Baudelaire ; il y en a où l’on n’en doute plus : – c’est, la plupart du temps, la répétition monotone et préméditée des mêmes mots, des mêmes pensées. – L’odieux y coudoie l’ignoble ; – le repoussant s’y allie à l’infect. Jamais on ne vit mordre et même mâcher autant de seins dans si peu de pages ; jamais on n’assista à une semblable revue de démons, de fœtus, de diables, de chloroses, de chats et de vermines. – Ce livre est un hôpital ouvert à toutes les démences de l’esprit, à toutes les putridités du cœur : encore si c’était pour les guérir, mais elles sont incurables. (…)

Et au milieu de tout cela, quatre pièces, Le Reniement de saint Pierre, puis Lesbos, et deux qui ont pour titres Les Femmes damnées, quatre chefs-d’œuvre de passion, d’art et de poésie ; mais on peut le dire, – il le faut, on le doit : – si l’on comprend qu’à vingt ans l’imagination d’un poète puisse se laisser entraîner à traiter de semblables sujets, rien ne peut justifier un homme de plus de trente d’avoir donné la publicité du livre à de semblables monstruosités. »

La réprobation outragée de Bourdin rappelle fort celle dont Flaubert vient de faire les frais. C’est l’argument moral qui est brandi. En novembre 1857, quelques mois après l’affolement soulevé par le procès, Poulet-Malassis confie rétrospectivement à un ami ce qu’il pressentait devoir déclencher en publiant le recueil de Baudelaire : « Je n’ai pas besoin de vous dire que je parle avec d’autant plus de désintéressement que mes sentiments pour Baudelaire n’ont pas varié et que je suis comme avant disposé à lui rendre les services que je pourrai et à être pour lui un ami fidèle et dévoué ! comme je me flatte de l’avoir toujours été.

L’affaire des Fleurs du mal a été de mon côté et de fond en comble une affaire de dévouement absolu. Je savais d’avance que nous avions la moitié des chances d’être poursuivis et si je m’étais fait illusion à ce sujet tous ceux qui savaient que j’imprimais le livre se seraient chargés de me désabuser. Baudelaire d’autre part me devait de petites sommes prêtées d’ici et là, environ 400. Lorsque nous fîmes notre traité, il me proposa de lui retenir une partie de cette dette sur le prix du tirage ; et naturellement je refusais, ne voulant pas mêler des rentrées d’argent à une affaire de pure affection. Cependant mon beau-frère était averti de tous côtés que la saisie ne pouvait pas ne pas avoir lieu. On fut sur le point de suspendre l’impression par deux fois, la dernière fois sur les instances du père Lanier venu à Alençon exprès pour cela et nous répétant à outrance que les Fleurs du mal nous tueraient à nos débuts. Je tins bon et l’impression continua, tiraillé que j’étais du côté de ma famille et du côté de mon auteur qui ne faisait pas faute de me donner de la tablature. »

102 ans après la condamnation du poète et de son éditeur, l’héritière de celui-ci intente donc un nouveau procès à l’encontre de vingt-trois éditeurs qui avaient tous repris, après 1949, les six poèmes jusque-là interdits. Appuyée du jeune avocat Roland Dumas, alors commis d’office, elle demandera, ironie du sort, la saisie de « tous les exemplaires édités comprenant les six pièces condamnées ». Elle revendiquera en effet une prorogation de la durée des droits d’auteur sur l’œuvre, tombée officiellement dans le domaine public, en compensation de la privation d’une si longue période d’exploitation. La première chambre civile de la Cour de cassation lui donnera tort définitivement le 5 juillet 1967.

Entretemps, il aura fallu attendre 1946 pour que l’idée d’un texte législatif permettant la révision des procès littéraires soit reprise par le député communiste Georges Cogniot. L’unique article en est adopté sans aucune opposition, le 12 septembre 1946, le rapporteur ayant expressément précisé que le texte permettrait « de réviser les condamnations prononcées contre des ouvrages qui ont enrichi notre littérature et que le jugement des lettrés a déjà réhabilités ».

Fort de cette loi du 25 septembre 1946, dont ce sera la première application, la Société des gens de lettres peut alors immédiatement déposer un recours en révision, sur lequel se penche, le 19 mai 1949, la Cour de cassation. Le 3 août précédent, la justice avait condamné J’irai cracher sur vos tombes. Le 16 juillet 1949, naissait la loi sur les publications destinées à la jeunesse, qui établissait un système de censure encore en vigueur aujourd’hui.

Mais en 1949, un siècle après les foudres d’Ernest Pinard, il est enfin possible de lire les Fleurs du mal dans leur intégralité !